jeudi, septembre 27, 2007

Canis lupus familiaris

Les chiens, lorsque ça veut des calins, ça cherche toujours à vous attendrir. Ca commence par tourner autour de vous, grogner un peu, pour finir par se coucher, regrogner, se retourner, faire des petites roulades lascives...

Le mien, il en a l'instinct, mais il a pas tout a fait saisi le sens d' "attendrir". Non, au lieu de ça, il essaie de me faire peur... Et ça déclenche généralement le fou rire.


Crédits photographiques, Léonard Abecassis (correct?)

Vous croyez qu'il m'aiderait à arrondir les fins de mois si j'envoyais sa photo à ces mecs qui vous demandent de retrouver les infimes erreurs entre deux photos en fait identiques, avant de vous balancer la tête de Michael Jackson en gros plan sur fond de hurlement granguignolesque?

Humeur : glaglagla, euarf le chien!!
Bande son : "La danse des canards"... si le ballet, là, de Tchaïkovsky!

lundi, septembre 24, 2007

L'Envie

Au coeur des nuits de pétrole, plus gluantes que les pires de ses angoisses, se promène la jeune fille qui de rien ne donne envie. Les yeux éteints, elle traîne derrière elle son manque d'attrait, tenant au chaud son coeur dans sa main trop grande. Elle rase les murs, et laisse de sa peau sur le crépis des bâtisses dans lesquelles d'autres se serrent et cueillent de l'amour à plein corps.

La fille de l'insignifiance pleure de vouloir être préférée parfois, voudrait exister, importer, allécher, appâter. Elle aimerait que l'on recueille son souffle, que l'on s'enivre de sa sueur, que l'on y recueille son essence, et que l'on goûte sa rage d'amour.

Au lieu de cela, elle suinte le dégoût, elle transpire le rien, elle exhale l'odeur du désintérêt. Seul le bruit du sang bouilonnant traduit sa présence, son odeur de viande acariâtre et la saveur faisandée de son amertume. Elle se baisse, roule des omoplates, crache et feule, laisse s'épandre le sang de ses blessures sur le sol qui fut foulé par ceux dont elle se croyait aimée. Animal asexué, elle suffoque, et s'étouffe dans des larmes de colère.

On se baisse, on la ramasse, on la caresse, on pourrait l'aimer une vie entière. Mais on est happé par un autre qui passe, et on choisit la facilité.

Humeur : la petite Mathilde attend sa confiance en elle à l'accueil
Bande son : CocoRosie, Devendra Banhart

dimanche, septembre 23, 2007

On

Désolée, encore une pleurnicherie, mais c'est l'humeur du jour... Faut dire, quand on cherche des citations sympas et que y'a que Lacan pour vous dire que "l'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas, quelque chose que l'on n'a pas" ... Faut se plaindre à lui, c'est de sa faute.


"S'il est au monde rien de plus fâcheux que d'être quelqu'un dont on parle, c'est assurément d'être quelqu'un dont on ne parle pas"



On attend. On pense même que c’est ce à quoi on se consacre depuis qu’on est entré dans l’adolescence. On est dans la cuisine de l’étage avec ces œufs qui n’en finissent pas de cuire. Officiellement. En réalité, on guette, on est une oreille géante qui serait à l’affût de son pas, de sa voix, du bruit de ses clés. On se hasarde à jeter un œil dans le couloir, et on n’y voit que la fenêtre qui ouvre ses battants à l’autre bout. Un peu trop radical comme symbolisme, mieux vaut retourner à ses œufs et attendre qu’il arrive. On s’avance vers la fenêtre et d’où on est on observe deux filles qui marchent ensemble vers le restaurant universitaire. Le prototype même de l’étudiante, une démarche nonchalante très étudiée et cette espèce de chignon déstructuré sensé exprimer la volonté de souplesse d’esprit, l’abolition de la rigidité prônée par une génération léchant les restes des avantages que leurs parents auraient sensiblement décroché trente ans auparavant. Deux petites brunes, chacune leurs mèches, bleues pour l’une, à savoir sans doute froideur et liberté (le ciel est bleu, si on ne peut pas l’atteindre, autant le faire venir à nous), vertes pour l’autre, ce qui communément symbolise l’espoir. Deux idiotes, bien qu’on ne les connaisse pas.

On préfère fixer ses yeux sur un morceau de pelouse lorsque quelqu’un entre. On ne se retourne pas tout de suite, on préfère laisser son cœur nous asséner sa décharge d’adrénaline tranquillement et son esprit se préparer à démontrer sa faculté de réagir, sinon subtilement, normalement. On quitte son morceau de pelouse pour se retourner vers lui. Qui s’avère finalement être Magali, une quelconque étudiante en médecine de notre étage. Déçue, on lui adresse un pénible « salut », la félicite sur sa chemise histoire de ne pas manquer à sa réputation de personne sympathique et vivante, et surtout de ne pas laisser son état s’allier à la solitude qu’on craint pourtant assez. On s’aperçoit que ses œufs ont fini par brûler. Il ne se passera rien aujourd’hui, on le craint. On reprend son déjeuner, éteint sa plaque et retourne dans sa petite chambre avec l’espoir de le voir glisser de l’escalier vers les portes. Notre cœur se manifeste encore lorsqu’on entend du bruit, voit une ombre qui annonce finalement Lise, notre voisine d’en face. On lui adresse un sourire auquel elle répond nerveusement mais avec assez de fierté pour essayer de le cacher. Lise est très jolie, brune aux cheveux courts qui, malgré ses vêtements souvent maladroitement assortis, respire la classe et laisse transparaître un certain caractère sans qu’elle le veuille. Beaucoup plus intrigante que celle qui la suit dans sa chambre, celle qui manifestement s’offre entièrement dans son apparence étudiée, le genre de fille qui plait actuellement. Celle qui nous demande une cigarette avec cette expression de fausse gêne qui nous pousserait facilement à refuser. On fait un signe de tête, emporte sa poêle et revient avec un paquet de Marlboro qu’on vient d’acheter, chose que les gens semblent deviner de façon étonnante. On la lui donne, en propose une à Lise qui accepte trop cordialement pour être à l’aise, et en prend une qu’ on allume avec le briquet de la fille, enchâssé dans un petit étui au nom de Véra. On laisse Lise avec « Véra », la regardant quelques secondes, curieux de savoir si cette petite poupée était vraiment la bienvenue. Rien ne transparaît, Lise semble avoir beaucoup d’entraînement dans l’art de contenir ses sentiments derrière un mur d’inexpressivité.

On regarde en direction de la chambre de Jean, et décide qu’on a oublié quelque chose à la cuisine : on s’avance et lorsqu’on passe devant chez lui, il n’y a apparemment personne. On continue vers la cuisine et entre. On ouvre le frigo, jette un coup d’œil et finit par ne rien prendre. On repart vers sa chambre et respire l’odeur sucrée amère qui se dégage de cette chambre 454. Même rentré chez soi, l’odeur nous reste dans le nez. Le genre de parfum qui va réveiller des sentiments éprouvants. On se laisse aller à inspirer un grand coup, le faisant passer dans notre sang pour alimenter encore la tumeur noire qu’on entretient depuis qu’on a croisé son odeur dans le sillon de ses pas. Nos œufs sont beaucoup trop cuits, on sait de toute façon qu’on ne les mangera pas. L’appétit nous a quitté depuis qu’on vit seul ici. On se nourrira de la cigarette qui se consume dans nos mains pendant qu’on l’assaisonne des scènes irréalisables qu’on brode dans notre esprit trop imaginatif. On reste ainsi recroquevillé sur son lit pendant quelques minutes avant de revenir à la vie réelle, nos yeux ayant malgré tout identifié la forme voilée par les rêves comme étant le classeur dans lequel on range ses cours. En le regardant plus nettement, on peut même constater qu’il devient de plus en plus conséquent, ce qui nous inquiète sensiblement. On décide alors d’aller discuter.

Internet. On l’a découvert il y a à peu près deux semaines, grâce à un ami qui ressentait un grand manque sexuel et qui visiblement se servait de son ordinateur pour commander des filles. Intrigué, on a ainsi pris connaissance des « chats ». Salons de discussion pour jeunes de tous poils, étudiants timides, obsédés sexuels, accros de la mode et de la drague douce. Un paradis pour mélanger incognito les parasites sociaux, les coincés et leur donner un semblant de vie sociale, restons après tout dans le domaine du virtuel. Bref, en l’espace d’une semaine, on a gagné une foule de soupirants qui nous envoient des « mails » contant notre beauté et notre vivacité d’esprit. La meilleure façon qu’on aie trouvé pour s’échapper d’une réalité horriblement différente.

A l’université, la connexion est gratuite, alors on ne se prive pas. Nous voici donc dans la salle informatique où une queue incroyable de filles aussi coincées que nous attendent leur tour pour aller se dévergonder à couvert. La prise d’un ordinateur est un sport de haut niveau et tout novice se fait facilement refouler, destiné à passer son après-midi à attendre une place libre. Douloureux pour tout pacifiste, même. Il faut se battre toutes griffes dehors si l’on ne veut pas voir la pétasse devant nous se jeter sur l’ordinateur qui, si l’on respecte les tours établis simplement par l’ordre d’arrivée, nous était destiné. Après avoir obtenu la machine qu’on voulait, on entre sur le chat et revêt sa personnalité d’un pseudo aussi réel que banal : son prénom, son initiale ; après tout, vu toutes les acrobaties orthographiques que demandent la prise d’un pseudo qui ne soit pas suivi de numéros, autant s’assurer l’authenticité et faire preuve d’honnêteté par la même occasion. Nous voilà donc arrivé sur le salon, et même si toutes ces personnes ne sont en fin de compte que des mots sur un écran, on sent tout de même les effets de la timidité.

On regarde la liste des pseudos et s’aperçoit qu’encore une fois, la majorité vient ici pour chasser la femelle. Entre Phallus35 et coquin_pour_coquine, le ton est donné. On se lance alors : « salut tout le monde ». Et chacun nous ignore, voire reste muet. Car chacun ici attend tout des autres sans s’impliquer. La catégorie la plus courante dans les salons est représentée par les égocentriques blasés qui regardent parler les autres et finissent par déclarer s’ennuyer ferme, priant le monde de trouver un sujet de discussion plus intéressant. Ensuite, il y a les faux entreprenants, qui entament une discussion privée avec vous, viennent vous voir apparemment par curiosité, et vous laissent ensuite la tâche de poser les questions de courtoisie et de choisir un éventuel sujet de discussion. La plus importante des populations virtuelles introduit la conversation privée avec force de mots aussi sensuels les uns que les autres : « est-ce que tu suces ? » ou « si tu es aussi belle à regarder que je l’imagine, tu dois être excellente à baiser ». Cependant, certains sont plus subtils. Ils commencent traditionnellement par vous demander votre asv (âge, sexe, ville) et embrayent sur vos mensurations, ce qui ne manque pas de vous donner la puce à l’oreille, mais lorsque vous êtes assez naïf pour croire encore en l’honnêteté et le respect, vous gardez espoir. Et dure est la chute lorsque l’animal vous dit alors que « la rencontre l’intéresserait uniquement si vous le laissez vous sodomiser ».

Pourquoi on continue alors à aller discuter ? Parce que derrière un écran notre personnalité se risque à s’exposer. Le texte « arial » filtre les bafouillages, les déraillements de la voix, les joues rouges, les mains qui tremblent et les silences chargés de gêne. On n’écrit rien. Tous ces pseudos inexpressifs nous font tout à coup peur et on décide de partir, libérant la machine.

Arrivée à la cité, on entreprend péniblement l’ascension des quatre étages qui nous séparent de notre tanière. Chaque marche semble remplir un peu plus nos yeux de larmes. Il y en a environ quatre vingt jusque là haut, et on se dit que nos paupières ne contiendront pas facilement les gouttes qui y affleurent petit à petit. Et il y a cette odeur qui, à peine ayant atteint nos narines, nous replonge dans un bain d’émotions aussi oppressantes à présent qu’elles étaient douces il y a peu de temps. Elle s’immisce par le nez pour venir serrer le cœur avec autant d’ardeur qu’elle vous coupe du monde un instant et prend le contrôle à la fois du corps et de l’esprit. Un flot d’images vous encombre alors les yeux et l’on se perd dans un futur que l’on espère possible. Là, cette bonne vieille douleur réapparaît. Plus discrète que dans les moments de découragement et de désespoir, mais présente indéniablement. Une sorte de bruit de fond sur la musique des sentiments quotidiens. Elle peut se manifester quelques secondes, dans le pire des cas, elle vous obnubile plusieurs jours.

On ouvre sa porte après avoir laissé tomber ses clés trois fois de suite, la vision pervertie par les larmes qui désormais coulent abondamment sur nos joues. Laisser sa souffrance se libérer d’un esprit confiné en cri aussi inexpressif qu’insensé. Le visage se déforme en un tiraillement éprouvant de chairs et ainsi, sur ce terrain accidenté, coulent les larmes jusqu’à une bouche grande ouverte et bavante. Les yeux et le nez enflent et rougissent. Ne reste qu’à goûter cette saveur amère et salée. Le désespoir est ce qu’il y a de plus laid.

La soirée s’étire sur les quelques heures qui nous séparent de celle de notre coucher quotidien. On se plonge alors dans ses pensées, essayant de vivre une vie imaginaire qui soit plus fructueuse en actions et en émotions que celle qu’on tente de mener d’ordinaire. Tout est parasité par les bruits alentour, qui frappent nos oreilles et font résonner en nous la présence des autres étudiants qui entrent alors dans notre vie intérieure. Tout est gâché. On se couche.

On s’efforce de penser que sa vie nocturne, celle qu’on mène par delà ses rêves impliquent aussi ceux qu’on y croise. Ainsi, on aurait reçu les baisers qu’ on attendait, on aurait goûté aux faveurs qu’on a volontairement ou non ignorées, sans doute sous l’emprise d’un subconscient tyrannique et masochiste, malheureusement. Le lourd fardeau de l’absence s’estompe au fil du temps et sera annihilé lorsqu’il sera temps de mettre sur pieds une année nouvelle où on se torturera encore de frustrations dont seul nous-même pourrons nous sauver. On ressemble à un acteur en représentation, mauvais acteur pour lequel le paraître importerait plus que ce que ses sentiments dévastateurs lui ordonnent de faire. Le refoulement provoque des dégâts intérieurs sans précédent, et insuffle au visage la tristesse des yeux vitreux où l’âme que l’on devrait y voir suffoque, non offerte au regard des autres. Notre vœu serait de rendre le temps malléable et de rendre éternels les moments furtifs où l’on saisit la douceur d’une caresse. Ce qu’il nous offre n’est que le regret de ne pas avoir su savourer les contacts qu’il est, en fin de compte, inutile de confier à une mémoire maladroite. On préfère alors se retourner dans l’obscurité de sa chambre, tourner le dos à la baie vitrée dont on n’a pas baissé les stores de peur d’étouffer, sans doute. On laisse ainsi derrière un bout de sa mélancolie, et commence à se laisser bercer par le néant provisoire de notre esprit. Un bruit nous tire alors de notre torpeur, on reconnaît les pas et l’odeur. On se remet à pleurer.

Humeur : Maman, j'ai peur
Bande son : Mogwai

jeudi, septembre 20, 2007

-Emo-tifs

Dans le lycée de mon Autruche, diverses personnes traînent leurs guêtres. Pardon... Pas les Emo! Depuis peu, ceux-ci sont atteints par une nouvelle maladie vestimentaire et culturelle de djeunz. Alors des guêtres, pensez-vous! Au collège, ils n'osent pas encore trop. Ils se contentent de vénérer Tokio Hotel (non, je n'ai pas fait de faute), dernier fléau musical en vogue.

Mais justement ce phénomène m'avait déjà mis la puce à l'oreille. Plusieurs fois j'avais déjà remarqué ces mecs et ces filles serrés dans des jeans minuscules dans les passants desquels se glissaient d'énormes ceintures bardées de métal, moulés dans des sweats à rayure ou mieux constellés que la voie lactée, et se promenant avec un échiquier aux pieds. Le mieux restait quand même la coiffure, ode au pratique et à la volonté de faire de sa vie une costante occasion d'observer le monde alentour : plus la frange est longue, mieux c'est! En plus ça cache les bosses que l'on ramasse à force de se prendre des coins de placard. Autant joindre l'utile au "fashionnable", non? Les plus malins d'entre eux trouvent la parade, ils se font simplement borgnes en se cachant l'un des yeux à l'aide d'une mèche démesurée, la plus lisse possible, évidemment. Quoi qu'il en soit, avoir les deux yeux dégagés pour un emo, vraisemblablement, est un manque de savoir-vivre.

L'emo est sensible, dit-il. Il aime pleurer sur les beautés et le tragique de l'amour perdu, déçu, frustré, tourmenté. Mais l'emo n'est pas dépressif pour autant. Il s'en défend d'ailleurs. De par ses thèmes et son goût pour la sensiblerie, il fait revivre le romantisme. Ouais. Ben y'avait pas besoin, pourtant...

Vous allez sans doute encore dire que je suis méchante, que je caricature. Peut-être. Mais c'est pas de ma faute, on m'apprend si bien à me moquer d'eux. Ne me reste plus qu'à apprendre à le faire gentiment... Et ben comme il disait l'autre, "pas envie"... Et les petits montages que j'ai trouvés sur Internet sont là pour prouver que je ne suis pas la seule!



Humeur : guzyyyyy
Bande son : Fonky Family

mercredi, septembre 19, 2007

Maman! Le chat y m'embêêête!

Voilà ce que disait son fils de cinq ans à ma collègue, l'appelant exprès alors qu'elle était au boulot, ayant pourtant reçu la consigne de n'en référer qu'à sa grande soeur qui, elle au moins, était là pour le garder et pouvait très bien calmer ledit félin surexcité. Apparemment, c'était une extrême urgence.

Le mien, lui, il aura attendu quatre mois pour devenir insupportable...


Et dire qu'au départ il tombait le nez dans les pattes toutes les dix minutes en ronflant...

Humeur : le chat, y m'embêêêête ; m'empêche de lire tranquille
Bande son : miaou et graou et marouine

mardi, septembre 11, 2007

Putain de doigt...


Paresthésie

Indicatif de grammaire: n. f.

Définition:

    Anomalie sensitive tactile ou somesthésique qui se caractérise par des sensations anormales non douloureuses de qualité variable: fourmillement, picotement, sensation de raideur cutanée et parfois sensation thermique. Elle peut être spontanée ou provoquée par le frôlement des téguments. Elle résulte d'une atteinte du cortex pariétal.

Source:
    (Tiré de Terminologie de neuropsychologie et de neurologie du comportement. Recherche et réd. Louise Bérubé., c1991., 176 p. Reproduit avec la permission de Les Éditions de la Chenelière Inc., p. 103)

Humeur : agacée + coup de blues
Bande son : n'a pas

lundi, septembre 03, 2007

The Dull Flame Of Desire - Fyodor Tyutchev



Люблю глаза твои, мой друг (Тютчев)


I love your eyes, my dear
their splendid, sparkling fire
when suddenly you raise them so
to cast a swift embracing glance
like lightning flashing in the sky
but there's a charm that is greater still:
when my love's eyes are lowered
when all is fired by passions kiss
and through the downcast lashes
I see the dull flame of desire



Humeur : ravie, comblée, contente, quoi...

Bande son : Björk, Birdy Nam Nam

samedi, septembre 01, 2007

"Thou shalt always kill"

Certains auront peut-être remarqué le petit mec barbu en costar et affublé d'une casquette qui édicte les tables de sa loi dans ma marge, à droite. Il vaut le coup d'être écouté, tout de même! D'ailleurs, pour ceux qui ne parlent pas anglais, grâce à l'aide précieuse de t36, sans qui je n'aurais jamais compris les innombrables références culturelles du morceau, j'ai finalement réussi à terminer la traduction de ce pamphlet anti-superficialité. Il me fallait cependant vraiment quelqu'un qui connaisse les références culturelles de ce texte, car quiconque ne vit pas en Angleterre perd pas mal de la saveur des attaques balancées tout au long de ce morceau.

Le message en reste cependant très universel et repris en écho, si faible soit-il, en France. Car en ce qui me concerne du moins, il est facile de constater que la gangrène de la mal-culture ronge l'intérieur des têtes à grands coups de fashion-attitude, et de personnalités toutes prêtes à choisir parmi toutes celles présentées sur les cintres télévisuels ou internautiques.


Que dire des gens qui ne disent rien et boivent leur soupe quotidienne de publicités, d'émissions formatées pour consommateurs de 1 à 111 ans? (c'est désormais la fourchette, non?). On se définit désormais à travers la marque de ses vêtements et
sa capacité à suivre le courant en se laissant porter le plus facilement du monde. On se comporte en collectionneur, et on passe son temps à courir après ce dont on a le moins besoin, parce que le monsieur dans la boîte à images a dit que c'était ce qu'il vous fallait.

Heureusement qu'il y a les marginaux pour nous ouvrir les yeux! On se définit maintenant marginal parce qu'on porte des Converse ou des pantalons kaki (vous emportez pas, j'en porte aussi), que l'on crie bien fort que notre marque c'est KanaBeach (qu'est-ce que je disais précédemment?^^) avant d'aller manifester avec les alter-mondialistes contre la société de consommation. Parce qu'aussi on vénère Requiem for a dream bien que (ou parce que?) l'on continue à se foutre des drogues plein la lampe (mais sans conséquences pour la simple raison que l'on a conscience de jouer avec sa vie, et que l'on "gère"). Je ne suis pas contre la drogue et ceux qui en usent (j'avoue que si je n'avais pas eu mon accident cérébral, je serais peut-être aventurière), non je suis contre ceux qui en font l'apologie comme seul moyen de s'amuser et d'accéder à la "coolitude". Débattre d'idées politiques ou de nos marginalités? Jamais de la vie, on pourrait prendre le risque d'avoir tort. On préfère couper court à toute sorte de débat à renforts de phrases aussi agressives et lapidaires que "de toute façon, ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, je les emmerde! et je suis content de vous déranger, si vous m'aimez pas, je m'en fous". Habile non? Toute discussion est impossible devant une telle attitude, non pas que l'on se sente blessé, mais simplement découragé devant des esprits aussi fermés, prônant pourtant l'ouverture des consciences!

Tout le monde est pareil, mis à part sans doute quelques personnes conscientes du grand bal des consommables auquel nous sommes invités. J'aimerais vraiment les rencontrer... En attendant :


La traduction est juste en dessous! ^^

Thou shalt not steal if there is direct victim.
Thou shalt not worship pop idols or follow lost prophets.
Thou shalt not take the names of Johnny Cash, Joe Strummer, Johnny Hartman, Desmond Decker, Jim Morrison, Jimi Hendrix or Syd Barrett in vain.
Thou shalt not think any male over the age of 30 that plays with a child that is not their own is a pedophile - Some people are just nice.
Thou shalt not read NME.
Thou shalt not stop likin' a band just 'cause they’ve 'come popular.
Thou shalt not question Stephen Fry.
Thou shalt not judge a book by its cover.
Thou shalt not judge Lethal Weapon by Danny Glover.
Thou shalt not buy Coca-Cola products, thou shalt not buy Nestle products.
Thou shalt not go into the woods with your boyfriend’s best friend, take drugs and cheat on him.
Thou shalt not fall in love so easily.
Thou shalt not use poetry, art or music to get into girls’ pants - use it to get into their heads.
Thou shalt not watch Hollyoaks.
Thou shalt not attend an open mic and leave as soon as you done your shitty little poem or song, you self-righteous prick.
Thou shalt not return to the same club or bar week in, week out, just ’cause you once saw a girl there that you fancied but you’re never gonna fucking talk to.

Thou shalt not put musicians and recording artists on ridiculous pedestals no matter how great they are or were.
The Beatles - Were just a band.
Led Zepplin - Just a band.
The Beach Boys - Just a band.
The Sex Pistols - Just a band.
The Clash - Just a band.
Crass - Just a band.
Minor Threat - Just a band.
The Cure - Were just a band.
The Smiths - Just a band.
Nirvana - Just a band.
The Pixies - Just a band.
Oasis - Just a band.
Radiohead - They're just a band.
Bloc Party - Just a band.
The Arctic Monkeys - Just a band.
The Next Big Thing - Just a band!

Thou shalt give equal worth to tragedies that occur in non-English speaking countries as to those that occur in English speaking countries.
Thou shalt remember that guns, bitches and bling were never part of the four elements and never will be.
Thou shalt not make repetitive generic music, thou shalt not make repetitive generic music, thou shalt not make repetitive generic music, thou shalt not make repetitive generic music.
Thou shalt not pimp my ride.
Thou shalt not scream if you wanna go faster.
Thou shalt not move to the sound of the wickedness.
Thou shalt not make some noise for Detroit.
When I say “Hey” thou shalt not say “Ho.”
When I say “Hip” thou shalt not say “Hop.”
When I say, he say, she say, we say, make some noise - kill me.

[Ah, forgot where I was, hang on]

Thou shalt not quote Me Happy.
Thou shalt not shake it like a Polaroid picture.
Thou shalt not wish your girlfriend was a freak like me.
Thou shalt spell the word “Phoenix” P-H-E-O-N-I-X, not P-H-O-E-N-I-X, regardless of what the Oxford English Dictionary tells you.
Thou shalt not express your shock at the fact that Sharon got off with Brad at club last night by saying “Is it.”
Thou shalt think for yourselves.

And thou shalt always, thou shalt always... kill.


Traduction


Tu ne voleras pas si tu connais la victime
Tu ne vénèreras pas les idoles populaires ou ne suivras pas les prophètes perdus (Pop Idols aussi une émission de teleréalité équivalente de notre bonne vieille Star'Ac ; Lost Prophets, groupe gallois).
Tu ne prendras pas les noms de Johnny Cash, Joe Strummer, Johnny Hartman, Desmond Decker, Jim Morrison, Jimi Hendrix or Syd Barrett en vain.
Tu ne penseras pas que tout homme de plus de trente ans jouant avec un enfant qui n'est pas le sien, est un pédophile – certaines personnes sont simplement gentilles.
Tu ne liras pas le New Musical Express (équivalent des Inrockuptibles)
Tu n'arrêteras pas d'aimer un groupe simplement parce qu'il rencontre le succès.
Tu ne remettras pas en cause ce que dit Stephen Fry. (acteur très populaire en GB, dont le rôle le plus célèbre en France est celui d'un présentateur révolutionnaire dans V pour Vendetta)
Tu ne jugeras pas un livre d'après sa couverture.
Tu ne jugeras pas la valeur de l'Arme Fatale d'après la performance de Danny Glover.
Tu n'achèteras pas de Coca Cola, ni les produits Nestlè.
Tu n'iras pas dans les bois avec le meilleur ami de ton petit copain, pour prendre des drogues et tromper ce dernier.
Tu ne tomberas pas amoureux si facilement.
Tu ne te serviras pas de la poésie, des arts ou de la musique pour mettre la main dans les culottes des filles – utilise cela pour entrer dans leurs têtes.
Tu ne regarderas pas Hollyoaks (série TV sur Channel 4)
Tu n'attraperas pas le micro pour disparaitre dès que tu auras fini ton petit poème ou ta petite chanson merdique, espèce de couillon auto-satisfait.
Tu ne retourneras pas dans la même boîte ou le même bar semaine après semaine, simplement parce que tu y as vu une fois une fille qui te plait mais à qui tu ne parleras jamais.

Tu ne placeras aucun artiste ni musicien sur un piédestal ridicule, quelqu'exceptionnels qu'ils soient ou aient pu être.
The Beatles – n'était qu'un groupe.
Led Zepplin - juste un groupe.
The Beach Boys - juste un groupe.
The Sex Pistols -juste groupe.
The Clash - juste un groupe.
Crass - juste groupe.
Minor Threat - justegroupe.
The Cure - c'est qu'un groupe.
The Smiths - juste groupe.
Nirvana - juste groupe.
The Pixies - juste groupe.
Oasis - juste groupe.
Radiohead - ça n'est qu'un qu'un groupe.
Bloc Party - juste un groupe.
The Arctic Monkeys - juste groupe.
Le prochain succès - juste groupe!

Tu accorderas autant d'importance aux tragédies se déroulant dans les pays non-anglophones qu'à celles dans les pays où l'on parle anglais.
Tu sauras que les flingues, les putes et les breloques ne font pas partie des quatre éléments et jamais ne s'y ajouteront.
Tu ne feras pas de musique répétitive, tu ne feras pas de musique répétitive, tu ne feras pas de musique répétitive, tu ne feras pas de musique répétitive.
Tu ne décoreras pas excessivement ton véhicule ("Pimp my ride" une émission de tuning sur MTV, où l'on se propose de "tuner" votre voiture)
Tu ne crieras pas si tu veux aller plus vite (paroles d'une chanson de Geri Halliwell)
Tu ne bougeras pas au son du malin (paroles)
Tu ne feras pas de bruit pour Detroit (paroles et cri de DJ et MC)
Si je dis « hey » tu répondras pas « ho »
Si je dis « hip » tu ne répondras pas « hop »
Quand je dis, il dit, elle dit, on dit "fais du bruit!" – tue moi.

[Ah, je ne sais plus ou j'en suis, attend]

Tu ne citeras pas « Me happy »
Tu ne bougeras pas comme un Polaroid (cf. paroles de "Hey ya!", Outkast)
Tu ne souhaiteras pas que ta copine soit bizarre, comme moi (cf. paroles de "Don't cha", Pussycat Dolls)
Tu épèleras Phoenix P-H-E-O-N-I-X, non pas P-H-O-E-N-I-X, quoi qu'en dise l' Oxford English Dictionary
Tu n'exprimeras pas ta surprise d'avoir vu Sharon partir d'une boîte avec Brad la nuit dernière, en disant « Vraiment ? »
Tu penseras par toi-même

Et toujours, toujours... tu tueras.